Côté vieilles pierres et belle architecture, je fus immédiatement exaucée : mon hôtel, le Relais Il Castello, est niché dans le village médiéval de Monte Castello di Vibius, ancienne place fortifiée avec une position dominante sur la vallée du Tibre (à 600 mètres au-dessus du niveau de la mer tout de même !) Proche de Todi, il est situé dans le coeur de l'Ombrie, seule région d’Italie qui n’a pas accès au littoral et en constitue le poumon vert.
C’est en effet le vert qui caractérise et colore les alentours de Monte Castelo di Vibius : vert des oliveraies et des forêts à perte de vue, vert des rangées de vignes bien alignées. Seuls une belle demeure ou un petit village perché émaillent, par ci, par là, cette nature… A peu de choses près le décor de « Beaucoup de bruit pour rien » tourné dans la Toscane voisine !
Et l’arrivée dans mon hôtel me transporta quelques siècles en arrière. L’attention portée à la tradition pendant la rénovation a permis de préserver la magie du Relais. Son pittoresque et son charme frappent immédiatement alliés au confort moderne des chambre. L’ajout de la piscine perchée qui permet de se baigner en embrassant des yeux les alentours est parfaitement intégré à l'histoire séculaire des lieux. De même que le spa intérieur, touche contemporaine très appréciable ! Ce qui me permit de m’immerger avec délice dans une époque révolue mise en valeur avec le plus grand goût !
Côté dolce vita, je m’autorisais toutes les folies, lors, notamment, des deux dîners offerts dans le restaurant de l’hôtel. Dans cette belle salle ancienne, je goûtais chaque spécialité locale : en premier lieu, l’incontournable huile d’olive, à la fois riche et légère, et tellement savoureuse qu’on serait presque tentés d’en déguster à la cuillère !
La truffe noire de Norcia, dans le saucisson au sanglier et les tagliatelles succulentes, et la truffe blanche de la région d’Orvieto. Les légumes secs, cultivés depuis toujours dans cette partie de l'Italie dont les fameuses lentilles de Castelluccio. Et enfin, la porchetta (cochon de lait rôti) et la zuppa di farro (soupe d'épeautre). Ce fut un régal, un festival de saveurs accompagné des vins rouges produits dans la région : le Torgiano, le Montefalco, le Colli Amerino et le Sagrantino de Montefalco. Conquise par tous ces goûts et pour prolonger le plaisir, je pris le temps d’aller visiter oliveraies et vignobles aux alentours de Monte Castello di Vibius.
Si de nombreux sentiers de randonnée permettent de sillonner les environs et que le parc naturel du Subasio, la vallée de la Valnerina et le lac Trasimeno sont tout proches, vous aurez compris que ce n’était pas avant tout pour la nature que j’étais venue, -même si je trouvais délicieux de m’absorber dans la contemplation des paysages de l’Ombrie. Mon but avoué : une « cure d’art » ! Je sillonnais donc la région à l’affût de belles pierres : à Assise, citadelle du mysticisme franciscain, je retrouvai l’émerveillement de mes 17 ans devant la basilique Saint-François, contenant 28 fresques de Giotto retraçant la vie du saint. Et l’histoire de cet homme agit sur moi avec la même magie, deux décennies plus tard ! A Orvieto, ravissante ville de campagne construite sur un promontoire en tuf et dont les origines remontent à l’époque étrusque, je restais sans voix devant la cathédrale !
Deruta, Spoleto, Bevagna, Montefalco, Pérouse, capitale de l’Ombrie dont je n’ai même pas pris le temps de vous parler… Je vous épargnerai la liste des sites que j’ai visités, vous vous lasseriez d’une telle litanie ! Mais pas de venir admirer vous-mêmes les trésors architecturaux d’une beauté inégalée dont l’Italie regorge. Visites que vous pourrez alterner avec des escapades dans la nature et des pauses gastronomiques exceptionnelles. Alors, à votre tour de réserver un voyage en Ombrie ! Et je vous glisse un secret bien gardé : le Relais Il Castello est l’endroit rêvé pour la sillonner…